18 mai 2012


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Atout Chat juin 2007

Atout Chat juin 2007

Par Anne Trotzier, à 16h41 dans Atout Chat | 0 commentaire
Atout Chat

Psychochat
Pages 28, 29 et 30

Chapo :
Votre chat est un cas ! Anne Trotzier, éthologiste diplômée, se propose de nous expliquer pourquoi nos chats ont parfois des comportements qui nous laissent perplexes. Il ne s’agit pas d’une consultation à proprement parler mais plutôt d’une recherche de pistes en même temps qu’une découverte plus approfondie du métier de comportementaliste. Nous vous invitons donc à nous adresser vos questions. Il est important de donner un maximum d’informations sur votre chat, ses rapports avec vous, l’environnement dans lequel il vit et d’expliquer en détails comment se manifestent ses troubles de comportement.

Titre :
L’agressivité
« Bôo n’aime personne d’autre que nous ! »
« Nous vivons avec Bôo depuis près de cinq ans. C’est une jolie minette tigrée gris clair. Nous l’avons adoptée quand elle avait deux mois et demi. C’est un chat d’appartement, elle ne sort jamais sauf sur les balcons car nous habitons en centre ville. Elle vient d’être opérée il y a deux mois. Avec mon conjoint et moi, elle est adorable, très possessive… Seulement personne à part nous, ne peut l’approcher, elle grogne et attaque même. Nous venons d’avoir un petit bébé il y a cinq mois et depuis, c’est de pire en pire. Elle gratte partout malgré ses griffoirs, le pire c’est qu’elle urine partout, surtout dans les plantes et aussi sur les affaires du bébé…
Nous comprenons bien sûr qu’elle est jalouse car elle regarde notre fille de travers et ne s’en approche jamais, heureusement…
Il y a plus d’un an, nous avions adopté une autre petite chatte de deux mois en pensant que cela lui plairait d’avoir un peu de compagnie… Quelle erreur, elle m’a sauté à la gorge et a attaqué la petite chatte. Nous avons été obligés de la rendre au bout d’une semaine.
Je suis malheureuse car j’adore Bôo. Malgré tout. Mais aujourd’hui, c’est une catastrophe, je ne sais plus quoi faire… J’ai tout essayé, le poivre dans les plantes, sa litière est toujours propre… Comment faire, je ne veux pas être obligée de me séparer d’elle, je ne le supporterai pas. »
Céline Clavery
Anne Trotzier vous répond : Votre chatte Bôo semble très attachée à vous, signe peut-être d’un sevrage précoce. Nous ne pouvons pas parler de possessivité pour un chat car il s’agit là d’un sentiment propre à l’humain, mais nous parlerons plutôt d’hyper attachement.
L’agression d’autodéfense qu’elle exprime envers les personnes qui souhaitent l’approcher traduit sa peur et son inconfort. Elle essaye de se défendre et/ou de défendre son territoire. Dans ces cas-là, une solution serait avant tout d’éviter de punir ou de réprimander Bôo car cela pourrait renforcer sa peur, mais, au contraire, de la faire jouer pour rendre la situation plus agréable pour elle.
L’arrivée d’un bébé dans une famille peut s’avérer extrêmement stressante pour un chat : les pleurs, la restriction probable du territoire du chat (on peut être contraint d’interdire l’accès à une pièce où se trouve le bébé, alors que le chat avait l’habitude de venir s’y reposer auparavant), des nouvelles odeurs inquiétantes, et le nouveau venu qui accapare toute l’attention des parents.
Suite à un changement dans l’environnement, un chat peut ressentir le besoin d’évacuer la tension qu’il a accumulé : il a alors différents moyens, comme la malpropreté qui est un moyen naturel et efficace de se soulager, car cela renforce sa propre odeur (rassurante) dans son environnement.
En général, cela dure le temps que le chat s’adapte à cette nouvelle situation, mais à conditions de suivre ces consignes :
- Ne jamais réprimander le chat pour ses souillures. Il ne comprendra pas pourquoi on le punit quand il se décharge de son anxiété et cela pourrait en plus aggraver la situation.
- Le mettre dans une pièce où l’on évitera d’introduire l’enfant (afin qu’il n’y dépose pas ses odeurs si inquiétantes pour le chat).
- Ne jamais le forcer à venir sentir le bébé mais le laisser venir de lui-même.
Il faut savoir que les difficultés commencent quand le bébé se déplace (car il tire la queue, dérange le chat qui mange ou qui est dans sa litière…). Mais il faut être vigilant pour un nourrisson car il y a toujours un risque d’étouffement, donc la surveillance par les adultes est primordiale pour prévenir de tout accident.
Le fait que votre chatte urine sur les affaires du bébé révèle bien qu’elle a besoin de se rassurer et d’évacuer le stress en faisant disparaître cette odeur inquiétante. Mais, apparemment, ses souillures ne lui suffisent pas pour se rassurer, elle a également besoin de se faire les griffes pour déposer un peu partout son odeur.
Le chat est un animal qui a besoin de temps pour s’adapter à une nouvelle situation, d’autant plus selon sa sensibilité, mais il faut absolument éviter toute réprimande ou punition pour ne pas accroître l’anxiété que ressent votre chatte.
Je comprends votre désarroi mais sachez que pour vous aider et vous conseiller comme il le faut, il me faudrait un plus grand nombre d’informations (la vie de votre chatte, la chronologie des évènements, l’environnement, la relation entre vous et votre chatte…). Ainsi, si le problème avec Bôo persiste, n’hésitez pas à vous tourner vers un comportementaliste qui prendra le temps de vous écouter et se déplacer à votre domicile.

Encadré :
Comment se traduit l'anxiété chez un chat ?
L’homme et le chat vivent ensemble depuis des millénaires, mais notre vie actuelle peut se révéler très anxiogène pour notre félin adoré. Les symptômes d’anxiété sont divers et variés, et parfois difficiles à repérer comme tels.
Il existe tout d’abord l’anxiété ponctuelle liée à une situation précise telle qu’un déménagement par exemple. Cet évènement a provoqué du stress chez le chat et peut déclencher une salivation excessive, des tremblements, des diarrhées, de la malpropreté…Dès les habitudes du chat retrouvées, cette anxiété passagère disparaîtra.
Néanmoins, si des situations anxiogènes viennent à se répéter trop fréquemment, le chat, selon son caractère plus ou moins sensible, risque de s’enfoncer dans une forme d’anxiété plus grave, mais plus difficile à déceler : l’anxiété permanente. Il sera alors nécessaire d’identifier la source de l’anxiété pour la diminuer voire la faire disparaître complètement.
Cette anxiété s’installe pour une longue période et se traduit par un changement de comportement de votre animal : il peut rester prostré et ne plus vouloir bouger, avoir perdu l’appétit, mais il arrive également que votre chat vous réveille toutes les nuits avec ses miaulements répétitifs… D’autres comportements deviennent des exutoires pour soulager le chat du stress qui l’a envahi, comme : la malpropreté, l’automutilation (toilettage excessif), l’agressivité, se faire les griffes constamment, manger des objets non comestibles…
Tout le stress accumulé doit se décharger d’une manière ou d’une autre !
À présent, l’important est de tenter de trouver la ou les causes de l’anxiété. Tout d’abord, depuis quand paraît-il anxieux ? Il s’avère que des chats sont anxieux depuis toujours car durant leur enfance, ils n’ont pas eu les stimuli nécessaires pour être habitués à un grand nombre de situations différentes.
Avez-vous changé l’environnement du chat ? Nouveau rythme de travail ? Nouvel arrivant dans la famille (bébé, autre animal…) ? Un déménagement ?...
Sachez également que des punitions répétitives favorisent le développement d’une anxiété permanente chez votre minou.
Quelles sont les solutions ? Après avoir trouvé l’origine de l’anxiété, il faut s’attacher à diminuer voire éliminer la source du stress. Puis on sensibilise le chat de façon progressive en associant l’objet de ses craintes (bébé, bruit, propriétaires…) à des situations agréables telles que les jeux et les caresses. Il est important de mettre à disposition une pièce de repli pour le chat, où il pourra s’y réfugier et s’y reposer. Mais il est indispensable qu’aucun autre animal ou enfant n’y rentre.
Enfin, gardez à l’esprit qu’il faut agir le plus rapidement possible car l’anxiété détruit les défenses immunitaires de votre animal, le rendant ainsi plus fragile aux infections, maladies cardiaques et digestives.

Encadré :
Comment favoriser de bonnes relations entre les chats ?
La cohabitation entre plusieurs chats est parfois complexe et relève en premier lieu du caractère intrinsèque des chats. En effet, si les chats vivant ensemble ont une sociabilité entretenue, il y a de bonnes chances pour que la cohabitation se déroule dans les meilleures conditions. Ce qui favorise également le bon fonctionnement d’une cohabitation entre chats :
leur jeune âge des chats jeunes ? (moins de 2 ans), s’ils sont habitués à vivre avec d’autres chats, un territoire très grand et des chats très joueurs.
Une cohabitation est surtout une histoire d’atomes crochus ! On ne peut pas forcer un chat à vivre aux côtés d’un autre, s’il ne le tolère pas du tout et qu’on assiste sans cesse à des conflits assez sévères. Néanmoins, dans une nouvelle cohabitation, il est fort probable qu'il y ait d'abord de petits affrontements car il est rare que les deux chats soient déjà copains. Ces affrontements sont généralement de courtes durées mais peuvent tout de même être assez violents. Attention, il faut éviter d’intervenir !
Il faut procéder par étapes pour leur laisser le temps de s’habituer l’un à l’autre en douceur : laisser d’abord le nouveau chat dans une pièce quelques jours, puis lui permettre d’investiguer les autres pièces et enfin laisser les choses se faire sans intervenir.
Les signes d’une bonne cohabitation sont les suivants : ils investissent ensemble l’espace, ils dorment au moins dans la même pièce et peuvent aller jusqu’à dormir collés l’un contre l’autre ; ils se lèchent mutuellement ; ils jouent ensemble ; les courses-poursuites sont réciproques ; les attaques sont le plus souvent réciproques ; ils dorment d’un bon sommeil ; les bagarres sont silencieuses ; ils mangent côte à côte ; il y peu de distance entre les deux. Les signes d’une mauvaise cohabitation sont les suivants : restriction de l’espace pour l’un des chats ; l’un des chats semble se cacher, reste dans un coin (l’autre le guette) ; harcèlement de l’un par l’autre ; attaques unilatérales (toujours le même qui attaque) ; bagarres bruyantes (et occasionnant des blessures) mais rares ; les déplacements de l’un des chats ne semblent pas aisés ; multiplication de la communication (vocalises, postures).
Après une semaine seulement, il est impossible de savoir si les chats vont s’entendre ou non dans le futur. Seulement, une mauvaise entente est insupportable à vivre, tant pour eux que pour les maîtres. Dans ces cas là, il est préférable d’envisager de confier l’un des chats à un autre foyer. C’est aussi ça, aimer son/ses chats : c’est de ne pas les contraindre à cohabiter quand ils n’y parviennent pas.
C’est une source de stress si intense qu’il est important de contrôler leur appétit : s’ils cessent de manger, il faut tirer la sonnette d’alarme ! S’ils urinent un peu partout, c’est un signe d’anxiété ou même de dépression : les chats ne se tolèrent pas du tout. Il sera alors peut-être préférable de trouver un autre domicile pour le dernier venu.

Encadré :
Comment préparer son chat à accueillir votre bébé ?
L’arrivée d’un bébé dans une famille peut perturber le chat. Cet heureux évènement se prépare à l’avance. En effet, le chat sent très tôt qu’il se passe quelque chose : la future maman change de comportement (nausées, irritations, tensions dans le couple…) ce qui peut être source de stress pour le chat. D’autant plus vers la fin de la grossesse, où les choses s’accélèrent : aménagement de la chambre du bébé, travaux possibles… Le chat perd tous ses repères les uns après les autres.
C’est à ce moment-là qu’il faut réfléchir quant à la future cohabitation entre le chat et le bébé. Les précautions à prendre avant la venue du nourrisson sont essentielles si l’on ne veut pas que la situation s’envenime pour le chat, et par conséquent pour les maîtres :
- éviter de déplacer la litière, la gamelle et le lieu de repos du chat, avant et après la venue du bébé : ce sont des repères importants. Ou s’il n’y a pas le choix, le faire relativement tôt pour que le chat ait le temps de s’y habituer avant l’arrivée du bébé.
- faire des changements définitifs, par exemple dans l’aménagement de la chambre du bébé (changement incessant de la place des meubles). L’interdiction ou non de la chambre du bébé pour le chat est à la convenance de chacun mais il faut être systématique.

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